Etat policier

Publié le par Underground.connection

"J'ai écrit "l'État assassine" avec un goût amer
L'état policier n'a pas épargné la vie de Bouziane Abdel Kader
Ni celle de Jawad Zaouiya, paix à leur famille "

Bouziane Abdel Kader

Le 17 décembre 1997, peu après 23 heures, Abdelkader Bouziane (16 ans) part au volant de la Volkswagen Golf blanche de sa mère, de Dammarie-lès-Lys vers Nemours, accompagné de son cousin Djamel Bouchareb (19 ans). Ils sont très vite pris en chasse par la Brigade Anti-Criminalité de Dammarie. Ils tentent de la semer et passent sans s’arrêter devant un premier barrage policier. La course poursuite continue dans la longue descente de l’entrée de Fontainebleau, qu’une autre équipe de la BAC venait de bloquer, requérant deux poids lourds, dans l’intention explicite d’empêcher la fuite des deux jeunes hommes. Les deux policiers qui tenaient le barrage, Laurent Lechiffre et Bernard Molines, avaient été avertis par radio de l’imminence du passage du véhicule en fuite. Les premiers policiers avaient tenu à ajouter que ce dernier venait de forcer un barrage policier : « Tu dis aux collègues de Fontainebleau de faire gaffe parce que le mec, il a essayé de nous foutre en l’air à Chailly-en-Bière. » À hauteur du barrage de Fontainebleau, les deux policiers tirent quatre balles. La première atteint Abdelkader Bouziane dans la nuque, qui décède durant son transfert à l’hôpital. Sitôt connue, la mort entraîne plusieurs jours d’émeutes à la cité de la Plaine-du-Lys de Dammarie. Djamel Bouchareb fut tabassé à sang par les policiers dès sa sortie du véhicule.

extrait de http://www.vacarme.eu.org/article380.html

 

Jawad Zaouiya

Le 8 juillet 1996, les gendarmes prennent en chasse un jeune de Mantes-la-Jolie, qui prend peur et plonge dans la Seine. Il se noie et meurt. Le lendemain, des affrontements éclatent entre jeunes et policiers. Mon fils Jawad, 20 ans, part en centre ville pour éviter les heurts. Aussitôt les interpellations pleuvent. Jawad est arrêté à son tour, au motif qu’« on aurait reconnu » sa casquette à l’émeute. À ce jour, aucune pièce n’est venue justifier la mise en détention de mon fils. Pour un délit fictif, Jawad se retrouve donc à Bois d’Arcy. Dans la nuit du 23 juillet 1996, un de ses codétenus met le feu à leur cellule. Une épaisse fumée toxique se dégage, car les matelas ne sont pas conformes. Les gardiens tardent vingt minutes à appeler les pompiers, qui s’égarent dans la taule avant d’arriver sur place. Trop tard : Jawad est déjà mort. « Soyez rassuré, M. Zaouiya, votre fils n’a pas souffert », me dira le directeur... Je me promets d’aller jusqu’au bout pour que vérité et justice soient faites. Mais en décembre 1996, la procédure est classée sans suite. Ma plainte sera expédiée par un non-lieu en juin 1998, confirmé deux ans plus tard en cour d’appel. Il faudra attendre le 18 mai 2004, soit huit ans après les faits, pour que les juges administratifs reconnaissent que « l’administration a fait courir à Jawad Zaouiya un risque spécial qui l’a privé d’une chance de survie » et condamnent l’État à une peine symbolique. Sur le plan pénal, les responsables restent hors de cause. Les prisons, quant à elles, sont plus surpeuplées et mortifères que jamais. Jusqu’à quand ?

Salah Zaouiya, de l’Association des familles en lutte contre l’insécurité et les décès en détention.

Extrait de http://www.cequilfautdetruire.org/article.php3?id_article=330

"Procureurs et magistrats
Se mêlent dans les coups de l'État
Mais dans l'affaire Laffage
Personne n'oublie Malika!
Vous voulez qu'on respecte
Votre État policier?
"

Malika

Le procureur de la République a requis deux ans d’emprisonnement avec sursis contre André Laffage, le policier qui comparaissait mardi devant la 12e chambre correctionnelle de Bobigny pour avoir tué, « accidentellement », le 8 octobre 1988, Malika Moulaï, une jeune fille de quatorze ans.

Rien dans cette affaire n’est fortuit. Avant Malika, il y a eu Abdel à Pantin en 1986 ou Kamel à Epinay en 1992 et d’autres que « le hasard » et la normalisation de la haine ont tué. « Les causes frappent toujours les mêmes dans les mêmes lieux. Là où vivent ceux que l’on y parque. Ceux qu’à l’avance, on a exclus et contre qui on appelle à la haine au nom d’une propagande odieuse » souligne Me Lederman. La Renardière, cité « tranquille », tourmentée par la mort de Malika, n’a pu réparer son honneur. Laffage, en ce qui le concerne, risque de n’avoir purgé pour la mort d’une gamine, que trois semaines de prison. Une prime à une incroyable « bavure ». C’est moins que le vol d’un scooter commis dans d’autres lieux.

Extrait de http://www.humanite.fr/journal/1992-03-12/1992-03-12-649557

Publié dans Assassin - Rap

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cotteverte 26/12/2010 13:48



Malika était mon amie...le flic s'en est "tiré" avec une mutation à mon souvenir... 22 ans que ce "fait divers" (la mort d'une gamine une balle en pleine tête....) a eu lieu, on n'oublie pas TOUS
LES AUTRES FAITS DIVERS...mais le décès de Malika impossible de ne pas y penser, y repenser....ils ont bousillé une Vie, une Famille, un Quartier, une ville, un etat, une republique, permis de
tuer sans le double zéro. une armée de chiens à la solde de loups, ça claque, état sécuritaire, ça claque...